Dans le cadre de mes activités de formatrice en art oratoire, j’accompagne notamment des doctorants qui se préparent au concours Ma thèse en 180 secondes.
Le principe est simple en apparence : présenter son sujet de recherche en trois minutes, devant un public non spécialiste.
Mais c’est justement là que réside toute la difficulté.
Ces doctorants ont consacré des années à leurs travaux. Ils maîtrisent leur sujet, connaissent leur discipline et possèdent un vocabulaire précis, parfois très technique.
Et c’est tout à fait normal.
Le problème survient lorsqu’ils doivent s’adresser à des personnes qui ne partagent pas leur niveau de connaissance.
Spontanément, les experts ont tendance à employer des termes spécifiques à leur domaine, des concepts complexes ou des expressions qui leur paraissent parfaitement évidentes.
Pour eux, ces mots sont familiers. Ils font partie de leur quotidien.
Mais pour un public profane, ils peuvent rapidement devenir des obstacles à la compréhension.
Car connaître un sujet et savoir le rendre accessible sont deux compétences différentes.
L’enjeu n’est pas de simplifier sa pensée au point de la dénaturer, ni de renoncer à la précision scientifique.
Il s’agit de trouver le bon niveau de langage pour permettre à son auditoire de comprendre ce que l’on cherche à lui transmettre.
Cela demande un véritable effort de traduction.
Remplacer un terme technique par une expression plus accessible. Illustrer un concept abstrait par une situation concrète. Utiliser une analogie pour rendre visible ce qui ne l’est pas immédiatement.
Et surtout, accepter de revenir aux fondamentaux : ce qui nous semble évident ne l’est pas nécessairement pour les autres.
C’est une leçon qui dépasse largement le cadre de la recherche scientifique.
Dans une réunion professionnelle, une présentation commerciale ou une prise de parole devant des collaborateurs, nous pouvons tous tomber dans ce piège.
À force de maîtriser notre sujet, nous finissons parfois par parler comme des spécialistes à des personnes qui ont simplement besoin de comprendre.
Or, la véritable expertise ne se mesure pas uniquement à la complexité du vocabulaire que nous employons.
Elle se révèle aussi dans notre capacité à rendre compréhensible ce qui est complexe.
La prochaine fois que vous devrez présenter un sujet que vous maîtrisez, posez-vous cette question :
Est-ce que je cherche à montrer tout ce que je sais, ou à permettre à mon public de comprendre ce que je veux lui transmettre ?
La réponse peut transformer votre manière de prendre la parole.
Séta TRAORÉ
Coach professionnelle – Formatrice en art oratoire
